Synthèse
L’IAS Threat Lab a identifié un nouveau stratagème de fraude publicitaire sur mobile, nommé Papyrus. Celui-ci implique un groupe d’applications de lecture de romans qui monétisent les sessions de lecture des utilisateurs en exécutant une activité de navigation cachée en arrière-plan. Alors que les utilisateurs pensent simplement lire une histoire, les applications utilisent secrètement leur téléphone pour visiter des sites web, générer des clics et créer un faux engagement en coulisses.
Le choix des applications de lecture de romans est au cœur du modèle de monétisation de cette fraude. Contrairement aux applications utilitaires que les utilisateurs ouvrent brièvement pour accomplir une tâche, les applications de lecture sont conçues pour des sessions longues et continues. Ces sessions prolongées créent davantage d’opportunités pour qu’une activité de navigation en arrière-plan parcoure des propriétés web monétisées, permettant au stratagème de générer du trafic pendant que l’utilisateur reste engagé sur le contenu visible de l’application.
Papyrus s’appuie sur un vaste réseau de propriétés web conçues pour recevoir le trafic des applications associées. IAS a identifié plus de 800 domaines et près de 8 000 visiteurs uniques associés à cette fraude. Ces destinations sont principalement composées de sites de jeux, de blogs, de sites d’actualités et de domaines dont le contenu est généré par IA (GenAI), ce qui reflète l’utilisation continue de propriétés web synthétiques créées pour la monétisation plutôt que pour de véritables audiences.
Ce qui rend Papyrus particulièrement inquiétant, c’est qu’il va au-delà de la simple génération de trafic caché et manipule activement les indicateurs sur lesquels les acheteurs s’appuient. Les applications utilisent des modules de clics et de défilement (scroll) qui transmettent les interactions de l’utilisateur vers des webviews (vues web) cachées, enregistrant ainsi des clics en arrière-plan. Elles reçoivent également des instructions pour faire défiler les pages, gonflant artificiellement les signaux d’attention et faisant paraître le trafic plus précieux aux yeux des acheteurs. Ce risque est apparu clairement lors de l’analyse d’IAS : le trafic Papyrus présentait un taux de clics près de 25 fois supérieur, un eCPM environ 4 fois plus élevé et des scores d’attention supérieurs d’environ 13 % par rapport au trafic non-Papyrus. En d’autres termes, le trafic frauduleux n’était pas seulement faux, il semblait plus attractif que le trafic légitime. Sur la base des taux eCPM observés et d’une visibilité plus large IAS estime que Papyrus a pu générer près d’un million de dollars par mois à son apogée.
Papyrus démontre que la fraude par navigateur caché ne se limite pas à un seul environnement mobile. Les stratagèmes qui associent des expériences d’applications d’apparence légitime à une monétisation dissimulée peuvent émerger partout où les opérateurs de fraude trouvent la bonne combinaison d’attention des utilisateurs, de capacités de navigation intégrées et de destinations web monétisables.
Les clients d’IAS utilisant l’évitement du trafic invalide (IVT) sont d’ores et déjà protégés contre Papyrus. L’IAS Threat Lab a identifié le stratagème, et les applications, domaines et noms d’hôtes associés sont filtrés comme trafic invalide, tant au niveau du ciblage préventif (avoidance) que de la mesure.
Share on LinkedIn
Share on X

